Dominique Nikel est un illustrateur qui mêle peinture traditionnelle et technologie digitale pour créer des œuvres complexes. Guidé par son instinct, il compose des univers visuels où jeux de volumes, lumières, couleurs et mouvements captivent le regard et suscitent l’émotion.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous tourner vers le monde artistique ?
J’ai toujours aimé dessiner et reproduire ce que je voyais depuis mon enfance. Mes parents m’ont raconté que je dessinais déjà des personnages de Dragon Ball quand ils passaient à la télévision. Je ne me suis donc pas dirigé vers l’art de façon consciente, c’était instinctif.
Quel est votre parcours ?
J’ai fait des études en arts avant de faire un cursus en publicité à Bruxelles.
Comment décririez-vous votre univers artistique à nos lecteurs ?
Je dirais qu’il est assez éclectique, car j’aime explorer différentes choses selon mon inspiration du moment. Mes créations naissent souvent d’images qui me traversent l’esprit ou de mes ressentis. Mais la science-fiction reste toutefois mon domaine de prédilection.
Est-ce que vous avez des sujets de prédilection ?
Récemment, je me suis davantage orienté vers la pop culture, notamment autour des mangas, car c’était une demande de mes clients et de connaissances. J’ai essayé et ça a bien plus, donc je continue pour les marchés artisanaux. Mais mon univers personnel reste la science-fiction, même si c’est plus un milieu de niche. Cela dit, je ne produis rien sans inspiration, il faut que l’idée me vienne naturellement.
Où puisez-vous votre inspiration ?
L’inspiration me vient spontanément, elle n’est pas liée à des artistes ou des recherches particulières. Ça tombe comme une idée soudaine. Parfois, si je n’ai pas le temps de la réaliser tout de suite, je la mets de côté, puis je la reprends plus tard. Contrairement à d’autres artistes qui peuvent plancher sur un sujet pendant des jours, chez moi, c’est plutôt l’inverse : quand l’idée arrive, il faut que je la sorte rapidement, sans trop de réflexion.
Comment se passe votre processus de création, de la première idée à l’œuvre finale ?
Quand l’idée surgit, je commence par réaliser quelques croquis jusqu’à ce qu’elle prenne forme. Elle évolue souvent en cours de route, se transformant à mesure que je la développe. Ensuite, je la finalise en digital, pour en garder une trace. Parfois le résultat final n’a plus grand-chose à voir avec l’idée d’origine, ce qui me laisse avec plusieurs projets en tête. Certains restent inachevés, d’autres aboutissent…
Quelles techniques utilisez-vous ?
Je commence par des croquis et de la peinture traditionnelle, puis j’effectue des retouches numériques à l’aide d’un stylet.
Qu’est-ce qui vous a poussé à utiliser le digital dans vos œuvres ?
C’est né d’un croisement entre mon activité professionnelle de graphiste indépendant et mon travail d’artiste. En tant que graphiste, j’utilise déjà des programmes numériques, et l’envie m’est venue d’intégrer cette technique dans ma pratique artistique. Cela m’a permis de mélanger les deux mondes avec un rendu qui me plaisait, tout en conservant une trace facilement réutilisable de mes créations.
Outre vos créations, vous proposez également des œuvres personnalisées. Comment cela se passe ?
Je laisse une liberté totale à mes clients, sans rien imposer. Il me faut juste un peu d’inspiration, souvent à partir d’un thème ou de détails spécifiques. Chaque œuvre personnalisée est unique, et je m’adapte à toutes les demandes, pouvant passer d’un sujet délicat à un autre totalement différent.
Quel type d’émotions, de messages ou de réactions cherchez-vous à susciter à travers vos œuvres ?
Toutes mes œuvres comportent toujours des messages, même celles orientées pop culture. Les œuvres personnalisées cependant, permettent souvent de faire passer ces messages plus facilement. Un client m’a un jour dit que j’étais un artiste intuitif car, sans qu’il m’ait donné de détails, j’avais mis des éléments de sa vie dans l’œuvre. Il est vrai que j’ai toujours une approche très profonde quand je crée, et que je me mets vraiment à la place de celui pour qui l’œuvre est réalisée.
En tant qu’artiste numérique, quel est votre avis sur l’émergence de l’IA dans la création artistique ?
De mon côté, je me refuse à utiliser l’intelligence artificielle. J’ai des connaissances artistiques et professionnelles qui l’utilisent et c’est très bien, mais ce n’est pas mon optique, même si je trouve l’outil génial. Personnellement, j’ai peur qu’en l’utilisant, je perde le côté artistique et les émotions qui en découlent.
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui aimeraient se lancer dans l’art ?
J’en ai plusieurs : de ne jamais lâcher, de s’écouter soi-même avant d’écouter les autres et de croire en ses rêves.
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