Originaire de Virton, Laurence Gonry (alias Spacepafpaf) est une artiste qui déborde de créativité et d’énergie. Un peps que l’on retrouve dans son joyeux univers où se mêlent gravure, risographie, linogravure ou encore estampes japonaises.

Peux-tu nous parler de ton parcours en tant qu’artiste ?
J’ai étudié le graphisme à Saint-Luc (Liège) en graduat, suivi d’une année en infographie. J’ai donc ensuite travaillé comme graphiste, mais ça ne m’a pas forcément plu. J’ai découvert la gravure via un ami et ça m’a tellement plu que je suis repartie faire un cycle en gravure à la Cambre ainsi qu’un apprentissage en images imprimées.
Comment décrirais-tu ton univers artistique ?
C’est un univers bien particulier que je veux joyeux, unique et super coloré. C’est un moyen de m’évader par rapport à la société d’aujourd’hui, tout en présentant un moment d’évasion aux personnes. Mes travaux, et plus particulièrement mes gravures, se prêtent à plusieurs interprétations : chaque nouveau regard peut révéler une histoire différente. C’est un univers pour lequel je ne me prends pas trop au sérieux, car j’ai envie de légèreté et d’amusement.
C’est ce que tu essayes de transmettre à travers tes œuvres ?
Oui, bien que « Tête-à-tête », ma dernière série de gravure lino, soit un peu plus « politique ». Elle met en scène des animaux anthropomorphiques en tête-à-tête, abordant des thématiques qui reflètent l’actualité du moment. Par exemple, l’une des gravures, intitulée « Les maîtres du monde », offre une métaphore critique de la société actuelle. Mais malgré un sujet plus sérieux, l’univers reste accessible et sympathique.
Quelles techniques utilises-tu ?
Actuellement, j’utilise une technique japonaise, l’impression Riso qui s’apparente à de la sérigraphie mécanisée à l’aide du risographe, sorte de duplicateur. Je réalise également l’estampe japonaise, une technique de gravure sur bois, entièrement imprimée à la main à l’aide d’outils traditionnels. En parallèle, je crée également des dessins au fusain. J’aime varier les techniques et passer d’une à l’autre selon mes envies du moment.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Le monde de l’enfance m’inspire énormément, notamment les jouets et le design des années 60 et 70. Je puise également beaucoup mon inspiration dans le monde animal : je représente très peu d’humains, car je trouve que les animaux ont des caractéristiques avec lesquelles on peut s’amuser. La faune et la flore, tout comme l’art ancien, sont aussi des sources importantes d’inspiration. En réalité, je puise un peu partout, car mes influences sont multiples.
En plus de ton travail individuel, tu fais aussi partie du collectif Balaclava, peux-tu nous en dire quelques mots ?
A l’origine, j’avais créé des cagoules en crochet pour une exposition. Une amie m’a suggéré de les mettre en scène. C’est ainsi qu’avec d’autres artistes, nous avons imaginé une petite déambulation artistique, et cela nous a donné envie de poursuivre l’aventure sur d’autres projets. Aujourd’hui, nous avons un lieu à Virton, où nous sommes installés depuis 9 ans.
As-tu une œuvre ou un projet dont tu es particulièrement fière ?
J’aime beaucoup le Inktober, un défi artistique en ligne où les participants doivent créer un dessin par jour pendant tout le mois d’octobre, sur un thème imposé. Pendant quatre ans, j’y ai participé en le revisitant à ma manière avec une gravure par jour. Ce n’était pas toujours facile, car j’aime les challenges, et je m’étais imposé des contraintes supplémentaires. Par exemple, une année, j’ai uniquement illustré des lapins, et l’année suivante, des chats. Il fallait donc se creuser un peu l’esprit pour trouver la bonne idée, mais j’étais assez fière du résultat. Un autre projet dont je suis particulièrement contente, ce sont mes estampes japonaises pour lequel j’adore le travail de superpositions de couleurs.
Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui hésite à se lancer dans une carrière artistique ?
C’est vrai que certaines personnes peuvent être réticentes à l’idée que l’art puisse déboucher sur une carrière. Pourtant l’image, l’illustration, et le dessin, sont partout autour de nous. Je suis convaincue qu’avec un peu de persévérance, il y a de la place pour tout le monde. Et puis, il n’y a pas qu’un seul moyen d’y arriver : on peut enseigner, animer des stages… [NDLR : Laurence est professeure d’arts plastiques à Arlon dans le secondaire, intervient dans des écoles primaires pour des missions du Peca et anime régulièrement des ateliers.] Il y a vraiment plein de possibilités. Mon conseil serait donc simple : foncez !

Où peut-on découvrir ton travail ? (Expo ? Insta ? …)
Surtout sur Instagram, car mon site internet (www.spacepafpaf.com) n’est pas totalement à jour. Actuellement, je suis en train de préparer une grosse exposition sur l’enfance qui se déroulera à Tournai en avril*.
Instagram : @Spacepafpaf
*Expo Space Pafpaf – Laurence Gonry du 24 avril au 25 avril à la galerie du Lapin Perdu, rue Hôpital Notre-Dame, 14 à Tournai. Infos : www.maisonculturetournai.com