Laurent Clinquart, artiste upcycler

Laurent Clinquart est une figure bien connue du commerce et du carnaval arlonais. Mais depuis 10 ans, il s’est aussi fait un nom comme artiste. Lampes, horloges, sculptures, bustes ou trophées… ce passionné de la petite reine détourne la matière en transformant des pièces de vieux vélos en œuvres d’art.

Vous travaillez avec des pièces de vieux vélos que vous transformez en objets déco ou en sculptures. Comment vous est venue cette idée ?

J’ai toujours été passionné de vélo, depuis tout petit. J’ai baigné dedans, comme on dit. Et puis, j’ai toujours aimé bricoler, avoir des outils en main. Un jour, des amis restaurateurs m’ont demandé s’il était possible de leur créer de la déco sur le thème du vélo pour leur établissement. J’ai accepté, et la déco que j’ai créée a tout de suite plu. Au départ, je faisais de petites pièces, puis petit à petit, je suis passé à des sculptures à plat, en 2D. Maintenant, je fais également du 3D. Avec les années, j’ai affiné mes techniques.

Comment se déroule votre processus de création, de l’idée au résultat final ?

Parfois, je pars avec un projet précis en tête et je vais fouiller dans mon stock pour trouver les pèces qui pourraient convenir. Pour certaines choses comme les bustes, je maitrise bien la technique. Mais j’aime aussi me lancer des défis, essayer de nouvelles formes, voir si ça fonctionne. Je suis très minutieux, donc en général, j’arrive toujours à un bon, voire un excellent résultat.

Quels outils ou techniques utilisez-vous ?

Beaucoup de soudure, de ponçage… Mais le plus gros travail, c’est surtout en amont : trouver la matière première, la dégraisser, la nettoyer. Je fais le tour de nombreux magasins de vélos pour récupérer des pièces. Ce sont des pièces destinées à être jetées, et moi, je leur donne une seconde vie. D’ailleurs, au passage, je remercie ces magasins, ils se reconnaitront, car sans eux, mes créations ne pourraient pas exister.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

J’adore tout ce qui touche au corps humain, mais aussi les objets du quotidien. Je détourne par exemple des verres de bière (Orval, Redoutable…), à Ricard, à Champagne… J’utilise tout verre à pied pour en faire des objets recyclés à ma sauce. Ce sont des pièces qui plaisent beaucoup, notamment pour la fête des pères.

Certaines de vos œuvres sont fonctionnelles, d’autres plus artistiques. Travaillez-vous différemment selon le type de création ?

C’est une autre forme d’adaptation, oui. Une horloge qui requiert le montage d’un mécanisme par exemple demande d’autres contraintes qu’un buste. Mais j’aime bien varier les approches, ça entretient la créativité.

À travers vos créations, y a-t-il un message ou des émotions que vous souhaitez faire passer ?

D’abord, la passion du vélo bien sûr. Mais aussi la surprise, et le plaisir de la créativité.

Comment nourrissez-vous cette créativité ?

Je regarde beaucoup de sites d’art, de designers… Et parfois, une idée me vient, que je retravaille ensuite à ma manière.

Y a-t-il une œuvre dont vous êtes particulièrement fier ?

Oui, j’ai eu l’honneur de réaliser des trophées pour des courses cyclistes professionnelles reconnues par l’Union Cycliste Internationale (UCI). Mon tout premier trophée a été remporté par Arnaud De Lie, un coureur de la région. Et dernièrement, lors du Grand Prix Ename Samyn Classic, c’est Mathieu van der Poel, le champion du monde en titre, qui est reparti avec un de mes trophées. C’était un grand moment d’émotion ? J’ai aussi réalisé un trophée pour la Lotto Ardennes Famenne Classic [NDLR : le 4 mai], et ce sera encore un grand champion qui repartira avec. C’est une véritable reconnaissance pour moi.

Vous travaillez aussi parfois avec d’autres matériaux…

Oui j’aime bien associer différentes matières, même si elles n’ont rien à faire ensemble au départ. Je cherche toujours des techniques pour les assembler. Parfois il faut recommencer plusieurs fois, mais je trouve toujours une solution.

SI vous ne travailliez pas avec des vélos, y a-t-il un autre objet que vous aimeriez détourner/recycler ?

Franchement non. Le vélo, c’est ma passion depuis toujours. C’est un produit qui m’a toujours intéressé, et je trouve ça génial tout ce qu’on peut en faire.

Avec-vous des expositions à venir ou des projets futurs ?

Je serai en exposition le 17 mai aux Ardoisières de Martelange. Sinon mes œuvres sont visibles dans différents restaurants, cafés, magasins de vélo ou lieux de dépôt-vente un peu insolites. Et bien sûr, j’ai encore des trophées à créer pour de prochaines courses. Je travailler également sur une série de cartes de pays réalisées à base de pièces de vélo, et je collabore avec d’autres artistes de la région sur des projets comme Un cadre reste un cadre.


Découvrez le travail de Laurent Clinquart sur Instagram

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