Voici la suite de cette journée riche en urbex en compagnie de la photographe Anne Back (alias Abaque). En tout, quatre lieux abandonnés visités…
Deuxième spot : un théâtre abandonné
Nous reprenons la voiture pour nous rendre sur un autre « spot ». C’est un théâtre… enfin, ce qu’il en reste. Nous marchons dans la rue comme si de rien n’était, avant de nous glisser à l’intérieur.
Au bout d’un petit couloir verdi par la mousse et les feuilles mortes, nous entrons dans une salle partiellement obscure où d’anciennes chaises ont été abandonnées. Certaines sont en tas, d’autres restent alignées… Je suis la photographe sur la scène puis dans les escaliers envahis par la végétation. Avant chaque pas, j’observe où je compte mettre les pieds…
Le toit, perforé par l’usure du temps, laisse passer des faisceaux de lumière sur l’intérieur de ce lieu culturel abandonné. En observant plus attentivement, je vois un peu le squelette du bâtiment, ses charpentes… Mon esprit imagine un instant toute la vie et l’animation qu’il a pu abriter des années auparavant.
Dans cet endroit où le temps semble cassé, la photographe me montre une technique qu’elle apprécie beaucoup, le light painting. Cette technique consiste à employer une lampe de poche, de couleur standard ou d’autres coloris, pour apporter de la lumière lors de ses prises de vue. L’objectif est d’éclairer certains endroits, souligner des détails… bref, mettre en valeur ce qu’elle voit.
Impressionnée par sa dextérité, je l’interroge sur ses débuts. Si Anne a commencé il y a 4 ans avec un appareil d’occasion, c’est grâce aux photographes du club d’Athus – Photus – qu’elle a appris les techniques qu’elle utilise. Plus tard, elle a acquis son appareil photo expressément pour pouvoir travailler davantage le grand angle et jouer des puits de lumière. Bien sûr, son style a évolué depuis ses premiers clichés.
Troisième spot : un ancien lieu industriel
De retour dans la voiture, la tête pleine d’impressions différentes… Je commence à me sentir faible, la faim sûrement. Après un petit sandwich mangé sur le pouce, nous nous rendons à un troisième « spot » abandonné.
Pas à pas, les restants d’une vie industrielle se déroulent devant moi : les rouages, tuyaux et poulies complètement rouillés témoignent d’un passé révolu. Je déambule avec précaution entre ces vieilles machines. Une certaine fascination pour ces amas de métal aux courbes gracieuses grandit en moi…
Je laisse Anne s’imprégner des lieux. De loin, j’observe son talent s’exprimer. Par moments, son oeil de photographe repère un alignement, une perpendicularité… un effet de géométrie qui l’inspire beaucoup pour ses clichés. Je devine que c’est le style d’urbex qu’elle préfère, l’exploration industrielle. Plus tard, sur le chemin de retour, elle me confie sa fascination pour le bois et le métal. Elle est d’ailleurs soudeuse aussi à ses heures…
Quatrième spot : une maison pas si privée
Dernier spot de la journée pour nous : une maison toute simple. Très connue des urbexeurs, elle n’est plus vraiment privée. Des travaux de rénovation s’annoncent lentement, mais sûrement. Les derniers capteurs d’images de lieux délabrés y passent certainement aussi tant que cela est possible.
La porte du jardin est grande ouverte. À chaque étage, j’aperçois des détails qui m’interpellent : certains meubles, quelques débris, des feuilles et bouquins posés ici ou là… Je devine que des urbexeurs ont réalisé des mises en scène. Combien de fois celles-ci ont été photographiées finalement ?
De manière amusante, je remarque qu’Anne a vraiment un style différent des autres. Car si elle se distingue par la netteté de ses clichés, c’est la géométrie, les effets de lumière et les détails qu’elle parvient à immortaliser qui change la donne…
Alors que cette journée riche en expériences se termine sur cette note, je réalise que je me suis bien prise au jeu. Capturer des endroits abandonnés a un côté attirant… Sûrement le mystère qui règne dans ces lieux… Bien que cela puisse être dangereux si on ne fait pas attention, je commence à comprendre la passion d’Anne pour l’urbex.
Retrouvez la photographe sur Facebook @AbaqueUrbex et Instagram @abaque_be
Très beau reportage qui relate bien la passion et le talent d’une artiste hors du commun.
Belle initiative pour mettre en avant les artistes régionaux.