Interview exclusive de la chanteuse Léa Pochet (Muno)

Si la vie des artistes – comme beaucoup d’autres personnes – est aujourd’hui fort chamboulée par la pandémie, certains en profitent pour s’essayer à de nouvelles choses et sortir des albums… Et c’est le cas de Léa, chanteuse et musicienne originaire de Muno, dont le dernier single “La Nuit” a déjà conquis de nombreux audiophiles (on en a parlé dans un zoom #96).
La voici en interview exclusive pour Inside Magazine !

Bonjour Léa ! Nous sommes ravis de pouvoir te poser nos questions sur ta passion et tes projets.

Tu avais déjà un EP à ton actif avant de passer dans The Voice, n’est-ce pas ?

L.P. : À vrai dire, il était en préparation. Pendant de nombreux mois, on se réunissait de temps à autre avec mes musiciens pour travailler sur les six chansons qui composent mon EP « Confusion » ainsi que sur le clip de mon premier single « Stop Now ». J’ai dévoilé les morceaux quelques jours avant la diffusion de mon passage TV pour les blinds de The Voice en janvier 2018. Par contre, je faisais déjà de la scène depuis 2014 ; j’avais 16 ans à l’époque. Cet EP, c’était la première véritable concrétisation de ma musique. L’occasion pour moi de me dire « Wow j’ai des chansons produites comme n’importe quel artiste ! ».
Recevoir les premières maquettes, c’est un sentiment assez fou. C’était un savant mélange de fierté, de joie mais aussi de stress et d’angoisse, ne sachant pas vraiment comment ça allait être reçu par le public. Sans oublier cette envie perpétuelle de tout recommencer depuis le départ, parce que je ne me sentais pas satisfaite ni sûre de moi. Par après, j’ai eu de très bons retours qui m’ont convaincue que je pouvais être fière de mon travail malgré tous les défauts que je pouvais relever. Puis, ce n’était qu’une première expérience, j’espère évoluer et m’améliorer tout au long de ma vie.

Ça se sent, la musique est une passion pour toi.. Tu t’en es rendue compte quand, en fait ?

L.P. : Je pense ne m’en être jamais vraiment « rendue compte » parce que ça a toujours été une évidence, depuis que je suis toute petite. J’ai des fragments de souvenirs qui remontent de la primaire, où je me revois apprendre des paroles de chansons dans la cour de l’école et passer mes récréations à chanter. J’ai toujours créé aussi. Enfin… les premières chansons de mon enfance devaient être atroces (ahah), mais j’ai toujours eu cette envie d’avoir mon petit monde. J’ai vraiment commencé à composer sérieusement quand j’avais 15 ans. Je chante encore sur scène certains morceaux de cette période,  comme ma chanson « Demon ». Je crois que j’ai vraiment compris que je ne pouvais pas faire autrement que d’être sur scène quand j’ai donné mon premier vrai concert en 2014. Elle est ma maison. Chanter devant un public m’anime. J’ai un feu intérieur qui ne cessera jamais de brûler. Et je compte me donner corps et âme pour atteindre mes rêves les plus fous.

Qu’est-ce que tu aimes dans la musique et le chant ?

L.P. : La musique est libératrice. Je dis souvent que c’est mon exutoire, le moyen d’extérioriser mes sentiments (bons comme mauvais). Quand je me sens bien, j’ai une envie immense de chanter à tue-tête, prendre ma guitare, mon piano et bouger encore et encore. J’y mets toute mon énergie. Les jours plus déprimants, j’ai tendance à composer très vite et spontanément, comme un besoin de sortir toutes les ondes négatives de mon âme… Des démons qui naissent constamment et meurent sur un bout de papier. Puis, après cette phase de la création, il y a le partage. Selon moi, il n’y a rien de plus beau et émouvant qu’être sur scène et entendre ensuite « je me suis reconnu.e dans tes morceaux, merci pour tout ça ». Je ne sais pas si les gens de ma petite « communauté » s’en rendent compte, mais chacun de leurs messages venant me féliciter me bouleverse ! J’ai beaucoup de moments de remise en question, mais recevoir de si jolis mots d’encouragement, ça me booste pour le reste de ma journée.

Tu étudies dans quoi pour l’instant ?

L.P. : J’ai un bachelier en information-communication de l’Université de Namur et aujourd’hui, je me suis lancée dans un Master en Arts du Spectacle Vivant à l’ULB. J’y étudie majoritairement des théories et histoires sur le théâtre, mais ça s’étend également à la musique, à la danse, au cirque… Si je ne parviens pas à vivre de ma musique, j’aimerais travailler dans le secteur culturel (centre culturel, salle de concerts, organisations de festivals, etc.) en combinant mes – futurs, je l’espère – deux diplômes.

J’ai lu que tu as beaucoup de projets en tête, est-ce qu’ils sont tous dans la musique ? Tu as d’autres choses sur le feu ?

L.P. : J’ai des rêves plein la tête et j’aimerais aussi en partager certains avec des artistes et humains qui me tiennent à cœur. Et qui sait ? Peut-être que de nouvelles choses novatrices pourront sortir de ces collaborations ?
Sinon mes projets sont en immense majorité dans la musique. Mais je ne me limite pas qu’à ça, j’aime beaucoup de formes d’art. Je dessine un peu, bien que ce ne soit pas grandiose (ahah), je me découvre une passion pour la photo amateur, etc. Mais je n’ai pas pour but de m’améliorer grandement dans ces pratiques.

Je compte vraiment me focaliser sur ma musique et les projets qui y sont liés (futurs albums, singles, clips, concerts…). J’ai envie de proposer mille choses, mille styles mais qui se mélangent dans la bulle que je me crée depuis 7 ans.
Depuis The Voice, on m’a fortement associée au rock, mais je ne me suis jamais définie comme une rockeuse. Je suis un caméléon. Je chante tant de pop, que de ballades tristes et mélancoliques, que de rock et j’en passe ! Cela se ressent fort dans mes compos. Mon univers reste cohérent, avec ma petite touche personnelle, ma voix, mes notes de piano et de guitare… mais j’aime surprendre. J’aime me surprendre, aussi. Et je pense que le seul bon chemin à prendre est celui où je me sens heureuse dans ce que je fais, qu’importe quelle tournure artistique prennent mes chansons.
Je travaille actuellement sur de nouvelles compositions sur lesquelles on peut sourire, pleurer, réfléchir et bouger… J’ai hâte de dévoiler tout ça sur scène et/ou en enregistrements !

Et puis, tu as sorti La Nuit ! Et j’ai l’impression que tu n’as que de bons retours…

L.P. : Sortir « La Nuit » a été une grande épreuve mentale pour moi (ahah). J’avais si peur ! C’est la première fois que je sors un vrai single en français. Écrit, composé, enregistré, mixé par mes soins en une dizaine de jours… alors que je ne connais pratiquement rien au job d’ingénieur du son (je salue les gens du métier, je me rends de plus en plus compte à quel point c’est extrêmement difficile !). J’ai effectivement eu de très bons retours auxquels je ne m’attendais vraiment pas… J’ai reçu des messages privés de personnes me disant qu’elles me préféraient même en français ! Je trouve ça super touchant. J’ai l’impression d’avoir enfin « l’approbation » pour créer en français, cette approbation que j’attendais. Je crois que je cherchais un peu cette légitimité pour oser me lancer réellement et je compte continuer dans cette direction, tout en écrivant en anglais en parallèle.

Dans ce morceau, on entend que tu parles d’une relation un peu compliquée… C’est du vécu, n’est-ce pas ?

L.P. : Qui n’a pas vécu de « relation compliquée », j’ai envie de dire ?! Presque tous mes morceaux ont une part d’autobiographie, qu’elle soit partielle ou complète. Cette chanson est née lors d’un voyage en train, quand je me sentais perdue dans ma vie sentimentale pour diverses raisons… Mais c’est un peu ma « force » de composer dans la douleur, comme beaucoup d’artistes, je pense. Il n’y a plus vraiment de filtre, j’écris ce qui me passe par la tête et ce que mon coeur veut crier. Les paroles de « La Nuit » ont été écrites en une demi heure environ, je ne les ai pratiquement pas retravaillées. Mes chansons, ce sont des chapitres de mon histoire, des fragments de vie et d’âme…

Est-ce que mettre des mots sur ces émotions te permettent aussi un peu de lâcher prise ?

L.P. : Complètement ! Je n’ai jamais trouvé meilleure thérapie que la musique, en toute honnêteté. Des heures de conversation avec un ami proche font du bien… mais mettre en chanson ce qui touche le plus profond de notre être, c’est autre chose. J’ose exprimer en musique ce que je n’oserai peut-être jamais dire à voix haute. C’est un vrai terrain de jeu où je peux exacerber les émotions que je ressens, les vivre à 1000%, pour ensuite souffler une dernière fois et reprendre ma vie. Une fois ma guitare posée, je sais que je peux respirer à nouveau.

Comment vois-tu les différences d’univers entre tes chansons en anglais et tes chansons en français ?

L.P. : J’ai toujours eu « mon style » en anglais. Je ne me suis jamais vraiment surprise… ça venait naturellement et mes chansons ont évolué au fil du temps, tout en restant relativement uniformes. J’ai créé des morceaux calmes et doux comme « Hero », puissants et rock comme « Livin’ In Sin », pop/rock comme « Stop Now », assez weird comme « Confusion », des ballades comme « I won’t forget » etc. Mais tout se rejoignait dans ce que je proposais.
Depuis que je m’essaie au français, j’ai l’impression de casser mes propres codes et me redécouvrir. Le français et l’anglais ne sonnent pas du tout de la même façon, la musicalité est différente. Pour « La Nuit », je suis partie vers des sonorités pop, très électroniques et actuelles alors que je n’avais jamais essayé ça auparavant. Mes influences jouent beaucoup aussi. Selon ce que j’écoute, je vais avoir tendance à composer de telle ou telle façon, vouloir essayer de nouvelles choses dont j’ai cruellement envie sur le moment… Je pense que les personnes qui aiment ma musique ne peuvent jamais s’attendre à quelque chose de tout à fait défini. J’essaie de renaître constamment et je m’amuse complètement quand je me découvre une nouvelle facette.

En tout cas, cela nous plaît autant qu’à toi !
Merci pour tes réponses, Léa. C’est un plaisir de pouvoir partager ton univers et ta musique avec nos lecteurs !

Et pour ceux qui ne l’ont pas encore écoutée, c’est ci-dessous.
Suivez-la sur les réseaux et découvrez ses superbes morceaux : FacebookInstagramYouTube !

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